Le burn out n'est pas une maladie honteuse. Le burn out n'est pas une maladie honteuse.

Il y a 14 mois, j’ai touché le fond, trop de pressions. Trop de trop …  Faute de m’être oublié, de ne m’être fixé aucune limite, de ne pas avoir écouté et respecté mon corps, je n’étais plus bon à rien, je n’étais plus qu’une loque humaine. Le sentiment d’être un citron que l’on a pressé jusqu’au bout et que l’on a jeté.  J’avais trop donné … plus que ce que je ne pouvais donner ! Plus aucune énergie, le néant, le gouffre abyssal, les idées noirs ….

La marche à pied m’a permis petit à petit de recharger mes batteries, de me reconstruire. Je marche seul deux à trois fois (± 10-15 kms) en semaine et le week-end, je prends plaisir à participer avec ma compagne (± 10 kms), mes enfants (± 5 kms) ou amis plus motivés (± 15-20 kms) à des marches Adeps, fédérales et même parfois gourmandes ou l’aspect convivial et épicurien est plus important que l’activité physique. C’est d’ailleurs, lors de la balade gastronomique de Saint-Monon à Nassogne, que j’ai eu connaissance, trois jours avant son organisation, de la MESA.

La Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié.

Cette marche est organisée en province de Luxembourg, par la défense belge depuis 1966. C’est un événement international, sportif et convivial de grande ampleur qui regroupe plus de 10.000 marcheurs de tous âges, civils et militaires venus des quatre coins du monde et qui arpentent ensemble les plus beaux sentiers de l’Ardenne, au cours d’une ou plusieurs étapes de 8, 16, 24 ou 32 kms …

Malgré son ampleur, je n’avais jamais entendu parler de la MESA, mais lorsque l’on m’a expliqué ce que c’était, encouragé par ma compagne que je remercie au passage pour me permettre de vivre nos rêves, j’ai eu très envie d’y participer. Cela me semblait pourtant inaccessible, impossible.

Je décide donc de participer à cette formidable aventure, un moyen pour moi de faire un bilan après 14 mois de reconstruction, savoir ou j’en suis physiquement, moi qui ne marche jamais plus de 20 kms par séance, et mentalement, savoir si je suis de nouveau capable de faire des choses, de me respecter, d’écouter mon cœur et mon corps !

Tant pis si je n’arrive pas au bout, comme le disais Pierre de Coubertin, l’essentiel n’est-il pas de participer ?

Etape 1 : Arlon

J’arrive à Arlon, motivé, l’ambiance est incroyable. Je décide de m’inscrire pour 32 kms. Je n’ai jamais marché 32 kms, mes plus longues sorties se limitent à 20 kms. Les étapes se font en boucle, et une partie de la boucle est commune aux différentes distances (8, 16, 24, 32 kms). Je me sens bien, je suis bien, je passe les 16 kms sans soucis. Sur la boucle commune aux 24 et 32 kms, les randonneurs sont beaucoup moins nombreux, des pelotons militaires en tenue de combat me dépassent en m’encourageant. Je boucle les 32 kms en 6h04 : Que du Bonheur ! Fatigué mais que du bonheur ! Je viens, pour la première fois de marcher 32kms ! Je rentre à la maison, me repose, partage mes émotions avec ma compagne, je me sens bien, je lui annonce mon intention de participer à la deuxième étape.

Etape 2 : Martelange

Fort de mon succès sur la première étape, et de ma bonne forme mentale et physique, je décide de m’inscrire pour la boucle de 32 kms. Mon corps n’a pas récupéré de la dépense énergétique de la première étape, il m’envoie des signaux. J’ai le moral, mais j’ai mal aux pieds, il est vrai que j’ai quelques cloques, et une petite gêne au genou. J’écoute mon corps, je revois mes ambitions à la baisse, et à l’intersection des 32kms, j’emprunte la boucle des 24kms que je termine en 5h32. Je suis heureux, je suis fatigué certes mais je ne me suis jamais senti aussi bien mentalement. Le soir, je ne demande pas mon reste et je dors comme un bébé et rêve que je peux boucler les 4 jours …

Etape 3 : Bastogne

La troisième étape est la plus dure. Je choisis la boucle de 24kms. La fatigue physique des deux étapes précédentes se fait fortement sentir. Peu de monde sur la boucle, je marche de très nombreux kms seul. Mes pieds me font souffrir et j’écoute mon corps, je dois diminuer le rythme, baisser la cadence pour ne pas me fatiguer davantage. Je doute …. C’est alors, que je me remémore le chemin parcouru sur les 14 mois qui viennent de s’écouler, depuis ma chute vertigineuse. Ma petite voix intérieure me parle : « Régis, regarde ce que tu fais, regarde d’où tu viens. Les quelques kms qui te séparent de Bastogne, ne sont pas grand-chose par rapport à ce que tu as vécu.  Si tu as pu rebondir et remonter tout ce que tu as remonté, tu peux aller jusqu’au bout de la MESA. ». Je boucle les 24 kms de l’étape en 5h11. Quelle ambiance au mémorial du Mardasson, quel bonheur, je sais que le plus dur est passé … Dans cette marche a étape, mais également sur le chemin de ma convalescence.

Dernière étape : Saint-Hubert

Je suis hyper motivé. J’arrive tard à Saint-Hubert et doit être un des derniers à m’inscrire au départ. Pour quelle distance vous inscrivez-vous Monsieur ? Petite réflexion …. Etre au-dessus de 100 kms en 4 jours, ce serait pas mal ? Sans hésitation, je réponds 24 ! Je me sens bien. Je suis fatigué, mais c’est une fatigue seine. Parti tardivement, je ne croise que très peu de personnes, j’en profite pour faire le bilan. Les émotions positives me submergent à plusieurs reprises et me portent littéralement au bout de ces 4 jours d’aventure et d’introspection. Je suis en accord avec moi-même, je me suis respecté, je l’ai fait, 14 mois après avoir touché le fond, je viens de marcher 104 kms en 4 jours, je suis en résilience !

Le burn out n’est pas une maladie honteuse.

Le burn out est un syndrome qui frappe des personnes fortes, des personnes motivées, impliquées corps et âme, des personnes qui malheureusement très souvent donnent plus que ce qu’elles ne peuvent réellement donner, qui n’écoutent pas leurs limites, leur corps et leur cœur, qui s’oublient littéralement pour ce en quoi en elles croient. Par ma participation à cette marche, je souhaite apporter un message d’espoir aux personnes souffrant du burn out et leur dire que l’on peut vaincre le burn out, qu’en écoutant notre cœur et notre corps, l’on peut réaliser, dans le respect de soi, des choses qui semblent pourtant impossibles.

Croyez en vous, croyez en l’amour, croyez au tout est possible, croyez en la résilience !

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