Et puis arrive le jour où, enfin, vous pouvez de nouveau porter un dossard !

Et puis arrive le jour où, enfin, vous pouvez de nouveau porter un dossard !
Et puis arrive le jour où, enfin, vous pouvez de nouveau porter un dossard !

Après les épreuves sportives annulées en 2020 pour confinement, après l’annulation du Triathlon International Haute Meuse annulé la semaine passée pour intempéries, j’ai enfin pu participer ce week-end au Triathlon de Butgenbach.

Retour sur un moment haut en couleurs, sensations et émotions.

Que de temps passé depuis ma dernière compétition officielle au triathlon distance olympique de Gérardmer en septembre 2019.

685 jours exactement sans pouvoir participer à un triple effort en situation réelle de compétition,

97 semaines à s’entraîner presque quotidiennement, pour des objectifs à chaque fois annulés ou reportés, à participer à des épreuves virtuelles, en cherchant la motivation ailleurs que dans la confrontation amicale avec vos semblables.

22 mois face à vous-même, votre motivation, votre mental et ce pourquoi vous pratiquez le sport ….

Et puis arrive le jour où, enfin, vous allez pouvoir de nouveau porter un dossard !

Comme à mon habitude, j’aime reconnaître les parcours des épreuves sur lesquelles je suis inscrit. J’ai donc décidé de joindre l’utile à l’agréable et de découvrir l’est de la Belgique en y séjournant quelques jours en camping en compagnie de ma compagne Catherine et mon fils Tanguy.

6h30 : Ce samedi, sous la tente, je ne dors plus. La nuit a été courte, je n’ai pas beaucoup dormi, mélange d’excitation, d’impatience et de questionnements, il y a tellement longtemps et en plus des orages sont annoncés. A la vue des inondations de la semaine passée, l’épreuve pourrait (une fois de plus) être annulée.

Le départ officiel du triathlon est prévu à 13h30 et le retrait des dossards à partir de 11h30.

7h00 : Je ne tiens plus en place, branle-bas de combat, je fais sonner le clairon et hop, hop, petit déjeuner et en 2 heures, le camp est démonté. Tout est plié, la voiture chargée, nous quittons le lac de Robertville pour Butgenbach sous la pluie annoncée qui devient de plus en plus forte au fur et à mesure que nous nous rapprochons.

9h45 : Nous arrivons au bord du lac de Butgenbach, presqu’en même temps que les premiers membres du club organisateur. Le site ne ressemble pas encore réellement à un lieu de compétition. En compagnie de ma tendre et chère, abrités sous notre parapluie, nous reconnaissons les lieux, Tanguy préférant suivre les premières épreuves des JO dans la voiture. Le parcours natation est composé de 2 tours en triangle de 375m entrecoupés par une sortie à l’australienne, le parc à vélo et le début du parcours de la course à pied, que je n’ai pas eu l’occasion de reconnaître plus tôt dans la semaine, ne se présentent pas du tout comme je l’avais imaginé. Le début de course à pied se fait partiellement en sous-bois, sur un chemin de terre, le long du lac sur près d’un kilomètre de légère montée avant de rejoindre la partie Ravel reconnue 2 jours plus tôt.

10h15 : La pluie est de plus en plus forte, nous nous réfugions dans une pizzeria pour y boire un café avant d’y être rejoints par mes amis Pierre-Yves & Gilles qui participent également à l’épreuve et accompagnés d’Antoine en fan-spectateur-photographe, que je remercie pour les photos 😉.

11h00 : Deuxième reconnaissance des infrastructures avec les tripotes et retrait du dossard : le 116 ! Ça y est, dans l’enveloppe le sésame tant attendu, la puce de chronométrage, les autocollants, … Tic-Tac, Tic-Tac… 

12h30 : La pluie bat son plein ! En tri-fonction, trempé de la tête aux pieds, avant même de les avoir mis dans l’eau je rejoins le parc fermé. Contrôle du vélo par les arbitres de la ligue francophone de triathlon (LF3) :  Tout est ok. Je me prépare, j’enfile la combinaison néoprène et profite du moment présent. Que cela fait du bien de pouvoir échanger avec les autres athlètes de revivre ces sensations d’avant course indescriptibles, …

13h15 : Le speaker nous intime de rejoindre la plage, en respectant les conditions et règles en vigueur, pas d’échauffement dans l’eau, explication des détails pratiques, et annonce d’un retard de 30 minutes pour cause de tache d'huile sur le parcours nécessitant l’intervention des pompiers.

13h30 : J’en profite pour échanger et faire la connaissance de quelques athlètes, quelle superbe ambiance, mélange de concentration, de soif de compétition et de résultats pour certains, de bienveillance, de blagues bon-enfants envers les néo-participants et d’encouragements pour tous.

13h55 : Je m’isole maintenant dans ma bulle, je visualise le parcours, je revois mes entraînements, pensées émues pour ceux que j’aime, Catherine, Olivia & Tanguy, Maman, énorme pensée pour Maxime, IronMax. Je suis bien, je vais tout donner.

14h00 : Il pleut toujours, coup de fusil, le départ est donné ! Tout le monde court pour se jeter à l’eau … Waouw, waouw, waouw, …. Mélange de souvenirs oubliés et d’appréhension. S’entraîner seul en Meuse, et se retrouver à plus de 170 athlètes à vouloir rejoindre le plus rapidement possible la première bouée à 125m, ce n’est pas vraiment la même chose. Cela s’agglutine, ça joue des coudes, le manque de compétition augmente le stress et les pulsations, j’ai très difficile de poser ma nage en trois temps, je ne respire que d’un seul côté, ce que je ne fais jamais. Je m’éloigne de la trajectoire idéale pour être moins chahuté. Je récupère un peu de lucidité et mon souffle, …. 1ère bouée, 2ème bouée, les athlètes sont moins regroupés, et s’étalent un peu plus, je suis concentré, je fixe la sortie à l’australienne …. A 3 mètres du bord du lac, je cours pour entamer le deuxième tour, petit coup d’œil en avant, petit coup d’œil en arrière, les élites ont déjà dépassé la deuxième bouée du deuxième tour et ont déjà rattrapé les derniers nageurs … Je replonge et entame le deuxième tour, je fixe chaque bouée comme un objectif à atteindre, je me sens mieux, passage à la dernière bouée, … Je visualise ma transition, et les gestes à faire, …. Dernier 125m, j’allonge les bras, je respire mieux, enfin la sensation de glisse revient, … Derniers mètres dans l’eau, les pieds touchent le fond, je cours … Natation Ok !

14h18 : Sur le tapis orange à la sortie de l’eau, je défais la fermeture de la combi et enlève déjà les manches. Tapis vert, je suis dans le parc vélo, hop, hop, une jambe et puis l’autre, combi enlevée, je retire les barres énergétiques et gels de mes chaussures, les glissent dans la poche arrière de ma tri-fonction. Je me réhydrate, casque, chaussures, porte-dossard, go pour le vélo ….

14h20 : Je franchis la ligne blanche et enfourche le vélo, petite « transition bien casse-pattes » pour rejoindre la double boucle du parcours vélo. La chaussée est rendue glissante par la pluie, je suis prudent. En passant devant la voiture, sur le bord de la route, Tanguy m’encourage. Je me sens bien. Le parcours vélo, nous l’avons reconnu ensemble. Exigeant, succession de belles montées qui nécessitent des relances importantes et des descentes rapides nécessitant d’autant plus de concentration, au regard des conditions météos, il me plait, 18km et 400m de D+. Je suis bien en jambes. Je décide toutefois d’être prudent sur le premier tour, n’ayant pas compris la localisation de la tache d’huile, ayant retardé le départ. Le parcours est fermé à la circulation, et sur certaines portions, une bande est réservée à l’aller et au retour. Je remonte quelques places et ne me fait que très peu dépasser. Le premier tour se termine par une belle montée de près d’un kilomètre, au loin je vois les spectateurs et stimulent leurs encouragements à leur approche. Leur réponse est instantanée, sous la pluie devenue moins forte, applaudissements, cris, « Go go go », quel bonheur de revivre cela ! C’est parti pour le deuxième tour, rassuré par le premier relativement prudent et l’arrêt des précipitations, je donne maintenant tout, les relances s’enchaînent …. Je termine le deuxième tour et entame la transition tout aussi casse-pattes qu’au départ pour rejoindre le parc à vélo, j’emmène un développement moins important pour faire revenir l’afflux sanguin dans les jambes, la ligne blanche est à quelques mètres, je saute du vélo. Ok !

15h08 : Je dépose le vélo et le casque, change de chaussures, quelques gorgées de boisson isotonique, biscuit, gel, … C’est parti pour la course à pied …

15h11 : Sortie du parc à vélo, les élites ont déjà franchis la ligne d’arrivée depuis quelques minutes quand j’emprunte le chemin de terre, transformé sur les premières dizaines de mètres par la pluie et les athlètes qui me précèdent, en chemin de boue. Je glisse, j’ai des chaussures typées pour la piste, … Je sens que les jambes ont du mal à s’activer et si je force, je risque la chute et les crampes. Quelques machines de course, genre TrailMan (Fabrice)😉, me dépassent, je n’y prête pas attention, bien en dessous de mon rythme de course d’entraînement, je sais que je serai plus à l’aise sur le Ravel. Pensées pour mes partenaires d’entraînements Leg’s Go & Tour à tour devenus de réels amis lors des séances d’intervalles de notre coach bien aimée Pascale. (Pierre, Raph, Florent, Vanessa, Sophie, Martin, Séb, Mahia l'abeille, et tous les autres …). Le retour sur le bitume me redonne des ailes. Il reste un aller-retour de 4 km. Au premier passage près de la ligne d’arrivée, j’entends une voix bien connue me crier « Allez Papa ! », ma fille Olivia, est venue me faire une surprise et décuple mon envie de bien faire. En passant sous le pont du chemin de fer, c’est un « Allez mon chéri », qui vient encore plus renforcer ma volonté et ma motivation … Je suis heureux, je suis en rythme, je me sens bien, je suis dans ma bonne allure, entre 5’50’’ et 6’20 », je prends du plaisir, je profite, je suis dans l’instant présent et je savoure. Tant à l’aller que sur le retour, tout le monde, malgré l’effort, a le sourire ! Encouragements, félicitations, check de la main avec Pierre-Yves et les athlètes croisés. Je repasse sous le pont, la ligne d’arrivée est à 400m, … 400m, juste un tour de ces centaines de tours de pistes, effectués pendant ces 685 jours, 97 semaines, 22 mois ….

15h44 : J’accélère encore un peu, je passe sous l’arche, explosion d’émotions ! Que du bonheur de pouvoir vivre dans le réel et de partager avec mon amour Catherine, mes enfants Tanguy & Olivia, les amis et inconnus des moments tels que ceux-là ! Gratitude +++ !

La journée se terminera comme après chaque course par un bon repas, bien mérité !

A très bientôt pour de nouveaux partages d’émotions 😉.

Bravo et merci aux organisateurs pour cette très belle organisation.

Pensées émues pour toutes les personnes, victimes directes ou indirectes des événements qui ont chamboulé nos vies ces 2 dernières années ainsi que ces 2 dernières semaines.