Les Zèbres, des victimes privilégiées du burn out ? Les Zèbres, des victimes privilégiées du burn out ?

Après mon premier burn out, ne supportant plus le stress de la vie professionnelle en Belgique, je décide de passer plus de temps au Maroc, en compagnie de mes collaborateurs, motivé par un climat beaucoup plus agréable, la proximité de mon lieu de travail et de l’océan, une vie tournée vers l’extérieur, et surtout des contacts réellement humains.  Une fois par mois, je rentre quelques jours au plat pays, pour passer du temps avec les enfants scolarisés en Belgique, qui me manquent tant.

Lors d’un de ces allers-retours, je rencontre B. Nous faisons connaissance, nous discutons et échangeons à n’en plus finir de nos multiples projets, nos aventures et mésaventures, nos nombreuses passions, nos envies, nos frustrations, nos joies, notre hyperémotivité, notre sentiment d’être différents, hors cadre, nos tristesses, nos peines, nos colères par rapport à l’injustice, notre côté extra-terrestre, notre jusqu’au-boutisme,  …. . Les explications de l’un enclenchant la curiosité et les anecdotes de l’autre, c’est une réelle partie de tennis, non pas un match, mais du réel plaisir, un partage, une stimulation. Pour la première fois j’ai en face de moi, quelqu’un qui me comprend, avec qui je peux construire des réflexions, partager des ressentis, des émotions, quelqu’un qui malgré un mode de vie différent, m’est semblable, je lui confie être très perturbé par la rencontre de mon moi féminin dans notre manière de penser et de vivre les choses.

En guise de réponse, B. me conseille quelques lectures que je m’empresse d’acquérir et dévore en quelques jours ….

A la lecture de ces ouvrages, moi qui me suit toujours senti différent, j’ai l’impression que ces ouvrages parlent de mon vécu. Serais-je moi aussi cet animal décrit par Jeanne Siaud-Facchin pour désigner des personnes intellectuellement précoces, surdouées, ou à hauts-potentiels ? Je ne peux accepter d’être catalogué par ces définitions pesantes, et pourtant en un instant, cette hypothèse pourtant, répond aux multiples questions restées sans réponses que je me pose depuis ma plus tendre enfance ! C’est une évidence, je suis Zébré.

B. le savait avant même notre première entrevue, il m’aura fallu 43 ans pour le découvrir et encore plusieurs mois pour l’accepter. B. a bouleversé ma vie, et même si depuis, nous nous sommes malheureusement perdus de vue, ce que je regrette, je la remercie du fond du cœur, d’avoir été l’initiatrice de la naissance d’un autre moi, le vrai moi.

Mais quel rapport avec le burn out me direz-vous ? Je suis convaincu, sur base de ma propre expérience et le témoignage de semblables, même s’il n’existe aucune statistique ou d’étude officielle sur la question, que les personnes zébrées ont une plus grande propension à être victime du syndrome d’épuisement professionnel que le reste de la population.

" Une nouvelle nuit d'insomnie me mène à une nouvelle réflexion, dans le but de progresser sur le chemin de l'authenticité, de l'humilité, de l'espérance, de la sérénité...

Empathie, extrême sensibilité, passion et enthousiasme jugés excessifs, sens aigu de la vérité et de la justice, combativité combinée à une culpabilité permanente et une remise en question incessante, sont autant de caractéristiques pouvant générer la sensation d'être différent. Ces traits de caractère compliquent les relations professionnelles et peuvent donc conduire au burn-out. Mais elles ont également, je pense, un impact sur les relations de couple.

Une personne très empathique a besoin de s’investir auprès de son entourage, d’être bienveillante, de trouver des solutions, d’éviter les conflits, car elle perçoit ce que les autres ressentent de façon très intense. Elle va d’autant plus s’investir, s'adapter de façon démesurée à l'autre, qu’elle sera mise de côté et critiquée. En couple, le partenaire pourrait avoir tendance alors, me semble-t-il, à se déresponsabiliser et à profiter de cet altruisme, sans que la personne ne s'en rende compte, puisqu'elle sera essentiellement préoccupée par l'aspect fragile de son partenaire la touchant profondément.

La sensibilité permet en principe de comprendre l’implicite, l’indicible. Pourtant, cette perspicacité semble parfois disparaître, ou du moins n'être d’aucune utilité, si la personne est confrontée à la méchanceté.
En effet, la méchanceté gratuite peut la laisser désarmée, cherchant désespérément une explication rationnelle, logique pouvant justifier l'indifférence, les reproches, l’agressivité et les violences auxquelles elle est exposée. Elle va alors se focaliser sur ses défauts et s’empêcher de voir ses qualités et ses compétences.
Dans certains cas, elle peut être capable de rester de nombreuses années dans une relation insatisfaisante, simplement parce qu’elle ignore qu’elle peut être traitée avec plus de respect par son(ses) collègue(s) ou son(sa) conjoint(e).

Etre passionné, enthousiaste, avoir une grande soif d'apprendre, peut générer chez les autres une dévalorisation, renvoyer certains à leurs limites ou leur absence de volonté d'apprendre et finir par les transformer en ennemis.
Etre animé par une passion imperturbable, persévérer malgré les divers obstacles, peut aboutir à l'épuisement, souvent à notre insu.
De plus, la capacité à encaisser l'insupportable en se relevant toujours, à conserver le sourire malgré l'orage, à trouver des solutions constructives face à l'adversité de la vie, va parfois encourager certains à abuser de nos capacités.

Une personne qui possède un sens aigu de la justice et de la vérité, ne comprenant pas qu’on puisse y déroger et faire mal ou être cruel, cherchera continuellement non seulement à arranger une situation qui ne lui convient pas, mais à se croire coupable, puisque l’autre ne peut, selon elle, "mal agir".

Enfin, la créativité peut déranger et amener à porter une étiquette de "farfelu". Certains peuvent même tenter de faire avorter les projets créatifs, ce qui a inévitablement comme conséquence d'altérer l'estime de soi.

Il est très douloureux de prendre conscience qu’on est ou a été victime d'une relation toxique. Il est souvent nécessaire d'être aidé par un thérapeute non seulement pour cette prise de conscience mais aussi pour surmonter cette épreuve. Cela suppose d'acquérir ou d'avoir une certaine force de caractère et surtout une confiance en soi qui justement faisait défaut jusque-là. Cela passe également par un deuil de la relation telle qu’on l’avait envisagée, voire idéalisée.
Lorsque l'on arrive à s’extirper de cette situation, on fait alors preuve de résilience.
Après discussion et réflexion, je suis d'avis que c'est finalement un chemin formidable ; chemin qui mènera certains à trouver un milieu professionnel épanouissant, et d'autres, quelqu’un qui les aime tels qu'ils sont et est prêt à les soutenir plutôt qu'à les dénigrer.

Qu'en pensez-vous ? "


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